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Sous presse

Les articles sous presse (acceptés pour publication) sont en ligne provisoirement dans cette rubrique dans l’attente de la publication du numéro complet auquel ils sont associés. Tous les articles ont suivi le processus d’évaluation de la revue (à double aveugle).

Les articles peuvent être cités en indiquant les informations suivantes:  Noms, prénoms des auteur(s), titre de l’article, année de publication.

Frontière de l’intime chez les femmes artistes en France (2006-2016)
Anaïs Chevillot

Cadre de la recherche : Cet article est basé sur notre recherche de doctorat en sociologie menée auprès de femmes artistes françaises contemporaines.

Objectifs : L’objectif est de démontrer combien les frontières de l’intime sont difficiles à tracer pour ces femmes dont la profession réputée très « prenante » entre en contradiction avec certains stéréotypes liés au rôle des femmes dans nos sociétés occidentales contemporaines.

Méthodologie : Nous avons procédé à une analyse qualitative d’entretiens semi-directifs menés auprès de femmes artistes entre 18 et 75 ans, et avons notamment relevé les discours émergeant de ces récits de vie pour en retenir les principaux traits saillants.

Résultats : Nous retiendrons que chez les femmes artistes les frontières de l’intime sont floues pour trois raisons principales. Les temps et les lieux où elles exercent sont en général privés, les questions de maternité et de couple prennent souvent une dimension professionnelle et les carrières semblent intimement liées à leurs trajectoires personnelles.

Conclusions : Nous soulignerons combien, d’une part, la profession d’artiste est encore marquée par une image romantique induisant une consécration totale à l’art et combien, d’autre part, ce cliché est difficilement conciliable avec les stéréotypes qui pèsent encore aujourd’hui sur les femmes et leur rôle domestique et familial.

Contribution : Ce travail pose un regard sociologique sur la situation professionnelle des femmes artistes peu reconnues en France aujourd’hui et ouvre une piste de réflexion sur leur relative absence des instances de légitimation dans les mondes de l’art.

Mots-clés: activité professionnelle, division sexuelle du travail, femme, France, identité de genre, identité parentale, identité personnelle, répartition du travail entre hommes et femmes, représentation sociale

Sexting à l’adolescence : des frontières de l’intimité du couple à l’extimité à risque
Fabienne Glowacz, Margot Goblet

Cadre de la recherche : À l’adolescence, les relations amoureuses jouent un rôle significatif et offrent un espace où les adolescents approfondissent le développement de leurs compétences émotionnelles, sociales et cognitives, qu’ils avaient déjà élaborées dans la sphère familiale et avec leurs amis. À l’ère du numérique, l’intimité dans les relations amoureuses des adolescents se teste et se construit dans un espace social s’inscrivant à la fois dans le monde réel et dans l’espace virtuel. Le sexting, nouvelle modalité de régulation de l’intimité envisagée sous le prisme de l’extimité dans un environnement dominé par les technologies numériques, soulève des questions quant aux risques réels et perçus par les jeunes et aux frontières de l’intime.

Objectifs : Nos études visent à mieux définir les contextes et motivations aux pratiques de sexting, les usages abusifs et les liens avec les cyberviolences, les représentations et risques perçus par les adolescents, ainsi que les perspectives et les besoins de prévention tels que les jeunes les envisagent.

Méthodologie : Deux études ont été menées en Belgique auprès d’adolescents (étude 1 : N= 1321 – 45 % garçons – âge moyen : 15,1 ans [ÉT =2,1] et étude 2 : N= 340 – 65 % garçons – âge moyen : 15,6 ans [ÉT =1,7]). Un questionnaire a été proposé aux participants rencontrés au sein des établissements scolaires dans le cadre de passations collectives.

Résultats : Au sein de l’étude 1, 18,7 % des participants et 26 % dans l’étude 2 déclarent avoir déjà envoyé ou posté des messages, photos ou vidéos sexy d’eux-mêmes. Les garçons sont plus susceptibles que les filles d’avoir pratiqué le sexting au moins une fois et plus spécifiquement d’avoir posté ce type de contenus en ligne. Plus de 60 % des adolescents garçons et filles destinaient ces contenus à un partenaire amoureux. Quant aux prévalences de victimisation, 17,1 % des participants rapportent avoir déjà été victimes d’au moins une forme de cyberviolences sexuelles et/ou sexistes, soit la diffusion non consentie de messages ou images à caractère sexuel, ou menaces d’agir de la sorte, et la réception de messages insultants ou rumeurs à caractère sexuel.

Conclusions : Inscrite dans une exploration de la sexualité adolescente, la pratique du sexting est mise au service de l’extimité dans une poursuite des tâches développementales. Pourtant elle est susceptible de donner lieu à d’importantes dérives et de permettre la reproduction virtuelle de violences et d’attitudes sexistes et déshumanisantes. Les besoins de prévention suggérés tant par les filles que par les garçons traduisent entre autres le besoin d’un cadre contenant pour réguler ces pratiques.

Contribution : La prévention dans le domaine de la vie sexuelle et affective, incluant le sexting, reste la voie pour éduquer et sécuriser les adolescents aux saines pratiques en la matière, et ce, dès l’enfance dans le cadre scolaire.

Mots-clés: adolescence, cyberviolence, intimité, sexting

La construction, la protection et le renforcement des frontières des relations intimes dans la pratique de placement d’enfants en Russie
Ekaterina Pereprosova

Cadre de la recherche: L’article interroge la construction, la protection et le renforcement des frontières de l’intimité dans les familles d’accueil en Russie en fonction des modalités de placement et des modes de suppléance familiale.

Objectifs L’objectif est d’analyser ces processus comme résultats de la communication entre trois systèmes fonctionnels au sens de Niklas Luhmann : la famille d’accueil, les acteurs institutionnels et la famille biologique. Au cœur de cette communication est le sens donné à la pratique du placement par les différents acteurs ainsi que par des injonctions récentes au sein des politiques sociales de protection de l’enfance menant à une professionnalisation de cette activité et à une plus grande responsabilisation de la famille biologique.

Méthodologie: Pour ce faire, l’auteure analyse les récits de quatre mères d’accueil récoltés lors du terrain de la première année de sa thèse doctorale. Ces quatre cas sont particulièrement intéressants du point de vue de l’engagement des acteurs dans l’activité des organisations de la société civile ainsi que de l’accueil temporaire et de l’activité de tutorat.

Résultats: L’article explore les tendances à renforcer, protéger et délimiter les frontières de l’intimité qui varient selon les modalités de placement et les types de suppléance. Ces derniers dépendent du lieu de socialisation des candidats au rôle des parents d’accueil, leurs attentes quant à cette activité ainsi que des profils des enfants disponibles/désirés.

Conclusions: Les cas analysés nous permettent d’étudier l’électivité des liens de parenté et nous illustrent le concept de la famille relationnelle, tel que définit par de Singly, en tant que liens librement consentis et non pas (seulement) définis statutairement.

Contribution: Cet article contribue à la sociologie de l’enfance et de la famille.

Mots-clés: protection de l’enfance, famille d’accueil, famille biologique, intimité, systèmes fonctionnels, désinstitutionnalisation, orphelins sociaux, liens de parenté élective, famille relationnelle

Les territoires mouvants de l’intimité : entre inégalités spatiale et temporelle. Le cas des familles solos contemporaines
Alexandra Piesen

Cadre de la recherche : Depuis plusieurs années, on assiste à une augmentation des divorces et des séparations en France (Buisson et al., 2015). En Île-de-France, et plus particulièrement à Paris, le nombre de familles monoparentales continue de progresser (Drieux et al., 2016). Ces configurations familiales, plus fréquentes dans les zones urbaines (Ibid., 2016), posent des problématiques spécifiques aux individus concernés, telles que la reformulation du rôle parental (Martial, 2016), la gestion de l’espace et de l’intimité (Martin, 2001).

Objectifs : L’objectif de cet article est de comprendre comment se recomposent les territoires de l’intimité suite à l’entrée en parentalité solo, en étudiant les rapports à l’espace et au temps de ces parents depuis la séparation.

Méthodologie : Pour répondre à ces interrogations, nous nous appuierons sur une enquête qualitative menée en France auprès de 54 « parents solos » (18 pères et 36 mères), qui ont la résidence quotidienne de leur(s) enfant(s) âgé(s) de moins de 18 ans à leur domicile, et habitent sans conjoint(e).

Résultats : Les résultats de cette recherche suggèrent que l’entrée en parentalité solo engendre des changements de perception dans la vie des parents. Ces derniers doivent établir de nouvelles frontières temporelles et spatiales, parfois modulables au cours de la journée afin de conserver les territoires de l’intimité de chacun des membres de la famille. Si les pères et les mères se distinguent quant aux circonstances d’entrée en parentalité solo, ils se différencient moins dans leur gestion de l’intimité et de l’espace. Toutefois, on observe une reconduction de certaines inégalités spatio-temporelles liées aux conditions d’entrée en parentalité solo.

Conclusion : Bien que les parcours ayant mené ces parents à la parentalité solo soient variés, tous témoignent d’une évolution similaire dans leur rapport au temps et à l’espace. Si certaines distinctions de genre peuvent être soulignées, tous s’accordent sur la mise en retrait de leur potentielle intimité conjugale au profit de l’intimité familiale, plus conforme à l’intérêt supérieur de l’enfant.

Contribution : Peu de travaux portent sur les familles solos contemporaines à partir d’une approche compréhensive et genrée. Par ailleurs, la question des rapports au temps et à l’espace depuis l’entrée en parentalité solo n’a pas encore été abordée pour cette population spécifique. L’enjeu de cette contribution est d’apporter quelques éléments de compréhension relatifs à ces questionnements.

Mots-clés: famille solo, intimité, temps, espace, conciliation, frontières


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