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Sous presse

Les articles sous presse (acceptés pour publication) sont en ligne provisoirement dans cette rubrique dans l’attente de la publication du numéro complet auquel ils sont associés. Tous les articles ont suivi le processus d’évaluation de la revue (à double aveugle).

Les articles peuvent être cités en indiquant les informations suivantes:  Noms, prénoms des auteur(s), titre de l’article, année de publication.

La politique québécoise Les enfants au cœur de nos choix : Un pari audacieux néanmoins gagnant
Renée B. Dandurand

Cadre de la recherche: Après s’être donné en 1988 une première politique familiale explicite aux accents natalistes, le Québec fait un virage important en 1997 en édictant un ensemble de nouvelles dispositions sous le titre Les enfants au cœur de nos choix. Avec l’offre de nouvelles allocations aux familles, de services éducatifs de garde à contribution réduite et la promesse d’un meilleur régime d’assurance parentale, cette politique poursuivait trois objectifs : favoriser le développement des enfants et l’égalité des chances, faciliter la conciliation famille-travail et assurer une aide accrue aux familles à faible revenu. En 1997, cette politique suscite la surprise chez plusieurs : en période de fort déficit budgétaire, le gouvernement passait d’une politique populationniste à une politique socio-démocrate généreuse.

Objectifs: Après avoir présenté le contexte historique qui a donné lieu à l’implantation d’une politique familiale explicite au Québec, cet article propose de décrypter la conjoncture – démographique, politique et économique – qui a précédé la mise en place de Les enfants au cœur de nos choix.

Méthodologie: L’analyse de la politique familiale québécoise présentée dans cet article est largement basée sur les observations de l’auteure et les analyses de celle-ci développées au cours du temps.

Résultats: L’analyse permettra de constater que ce virage de la politique familiale peut être qualifié de pari, et de pari audacieux qui n’a pas son équivalent ailleurs en Amérique du Nord.

Conclusions: L’examen des études qui ont analysé les retombées de cette politique permet d’avancer que ce pari a pu être considéré comme gagnant et qu’il représente une avancée essentielle pour les femmes.

Contribution: Cet article apporte une réflexion socio-historique sur la politique familiale québécoise et explicite dans quelle conjoncture – démographique, politique et économique – s’est fait, pendant les années 1990, le passage d’une politique nataliste à une politique socio-démocrate qui collectivise le travail reproductif auprès des jeunes enfants. En outre, il apporte une interprétation du sens et de la portée de cette politique.

Mots-clés: Québec, politique familiale, enfance, conciliation famille-travail, maternage, services de garde

Le « noyau dur » de la politique familiale : l’enfant. Analyse du cas français
Michel Messu

Cadre de la recherche : L’article propose une réflexion d’ensemble sur la politique familiale française, sur son histoire, ses discours, ses objectifs et les interprétations théoriques qui en découlent.

Objectifs : Il cherche à établir qu’une lecture depuis son actuel point d’aboutissement révèle que la politique familiale française a mis au centre de ses préoccupations l’enfant.

Méthodologie : Une analyse secondaire de textes majeurs traitant de cette politique familiale ainsi qu’une synthèse des travaux de l’auteur, fournissent le substrat méthodologique adopté pour ce texte. Un décentrement du regard analytique et une compréhension renouvelée du large éventail des débats socio-idéologiques et des politiques publiques, soutiennent l’ensemble de la démarche.

Résultats : Il en ressort que la variation historique et discursive de la politique familiale française se fait, de manière plus ou moins explicite, autour d’un invariant : l’enfant. Ce, parce que lui préside, au niveau de l’État républicain dont s’est dotée la France post-révolutionnaire, une conception de l’enfant comme bien de la Nation. Progressivement au cours du XXe siècle, la famille agit ainsi par délégation, et l’État se substitue à elle en cas de défaillance ou de besoin.

Conclusions : Ainsi, contribuer à la satisfaction des besoins de l’enfant dans sa famille est non seulement l’objectif initial des politiques familiales mais aussi son objectif actuel.

Contribution scientifique : C’est donc à la relecture des politiques familiales françaises, à l’aune de la valorisation sociale de l’enfant proclamée par de nombreux pays, qu’engage l’article.

Mots-clés: politique familiale, politique publique, famille, enfant, État, familialisme, idéologie, République, France

Les solidarités familiales à l’épreuve du genre. Cas ethnographiques dans un village au sud du Chiapas (Mexique)
Alicia Rinaldy

Cadre de la recherche : Cet article documente la diversité des solidarités familiales vécues par des hommes et des femmes, producteur·rice·s de café dans la région du Soconusco, au sud du Chiapas (Mexique). Ils appartiennent à une génération née dans les années 1950 ayant vécu deux moments historiques distincts : une première socialisation structurée autour de la production agricole de la parcelle et de l’ejido, qui ont imposé un certain nombre d’obligations et contribué à construire des identités de genre spécifiques ; puis, à partir des années 1990, dans une nouvelle étape de son cycle familial, cette même génération fait face à des processus de désagrarisation des marchés du travail et des interventions étatiques.

Objectifs : La question centrale qui a guidé l’écriture de cet article est la suivante : dans quelles mesures les solidarités familiales peuvent-elles expliquer la diversité des trajectoires des hommes et des femmes ?

Méthodologie : L’analyse s’appuie sur une enquête ethnographique d’une année réalisée au village El Paraíso et plus particulièrement sur huit généalogies familiales et une vingtaine de récits de vie. L’article se penche sur deux cas ethnographiques issus de ce corpus de données qualitatives.

Résultats : L’article révèle le poids du genre qui pèse sur les solidarités familiales, car les hommes et les femmes n’héritent pas des mêmes ressources ni des mêmes obligations au sein des familles. La solidarité familiale prend donc des formes et des contours différents selon les ressources (financières, relationnelles, foncières) présentes et les caractéristiques sociodémographiques de chacun (comme le genre ou le rang au sein de la fratrie).

Conclusions : L’observation des différentes formes de solidarité familiale nous a permis de saisir les façons de faire famille au masculin et au féminin et leurs enjeux en termes d’identité de genre au sein de ce village de la frontière sud du Mexique. Les solidarités familiales permettent d’affronter de manière différenciée et inégalitaire les nouveaux marchés du travail et les nouvelles formes de l’intervention publique en milieu rural.

Contribution : L’article a un triple intérêt. Il donne à entendre les voix d’une génération qui peine à vivre désormais exclusivement du travail agricole, tandis que leurs parents avaient bénéficié de la réforme agraire et d’un capitalisme industriel favorable à la petite agriculture paysanne. L’analyse montre également comment les solidarités familiales sont profondément déterminées par le système de genre. Enfin, le texte est utile au-delà de cette recherche singulière, dans la réflexion plus générale sur l’entraide familiale et les outils méthodologiques pour en rendre compte.

Mots-clés: famille, solidarité, inégalités sociales, genre, espace rural, classe populaire, généalogie, récits de vie, approche ethnographique


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