Masculinités vieillissantes à l’épreuve du cancer de la prostate

Louis Braverman

Résumé

Cadre de la recherche : Maladie de l’homme vieillissant, le cancer de la prostate est en moyenne diagnostiqué autour de 70 ans au sein de la population française. Très fréquent, ce cancer implique une intervention médicale dans le domaine de l’intime et affecte le quotidien de nombreux patients.
Objectifs : Prenant pour objet le vécu du cancer de la prostate, cet article vise, plus précisément, à interroger l’imbrication de l’âge, du genre et de la sexualité dans l’expérience de cette maladie.
Méthodologie : L’enquête repose sur l’articulation d’observations ethnographiques au sein du milieu hospitalier avec des entretiens semi-directifs menés auprès de patients, de proches et de professionnels.
Résultats : Les résultats concernent deux dimensions de l’expérience du cancer de la prostate. La première renvoie au rapport que les patients entretiennent avec les pratiques et discours biomédicaux. La relation de soin est alors décrite comme étant structurée par les catégories d’âge et de genre. La seconde dimension de l’expérience du cancer de la prostate étudiée dans cet article se rapporte aux conséquences identitaires et biographiques entrainées par la maladie. Les répercutions qui touchent à la définition subjective du vieillissement ainsi qu’aux rapports et identifications de genre sont exposées dans leur pluralité.
Conclusion : Au final, la perspective qui consiste à interroger l’imbrication des normes d’âge, de genre et de sexualité dans l’expérience du cancer de la prostate permet de rendre compte des tensions auxquelles sont confrontés les sujets en situation de vulnérabilité.
Contribution : De même, l’adoption d’un cadre d’analyse intersectionnel contribue à nourrir la réflexion sur le croisement de l’épreuve de la maladie avec l’épreuve du vieillissement au masculin.
Mots-clés :  cancer, âge, genre, vulnérabilité, approche qualitative

Texte intégral : Accéder à l'article